Le rêve de Corinne

Corinne, 55 ans, vit à Bry sur Marne, dans le Val de Marne. Elle est praticienne narrative, et a choisi le mot « écoute » pour se définir.

Lorsque tu étais enfant, quel était ton rêve ?

Lorsque j’étais jeune enfant, mon rêve, c’était d’être chanteuse. Je chantais tout le temps. En fait ce dont je rêvais vraiment, entre 6 et 10 ans, c’était de chanter, mais pas en tant que chanteuse principale : je voulais chanter dans les chœurs. Je voulais être sur scène, et chanter avec les choristes. Quand je chantais, souvent, je chantais les voix des chœurs. C’était un truc qui me transportait. Quand j’allais voir un concert, pendant des semaines ensuite, je me voyais monter sur scène et rejoindre les choristes pour chanter avec eux. Et puis, ado, j’ai eu un autre rêve. Mon père était dans la photographie, comme tu le sais. Toute la famille était dans la photographie. Longtemps, j’ai voulu être photographe. Je voulais m’installer dans le Limousin, je passais mes vacances là-bas, et j’adorais la campagne. Quand j’en ai parlé à Papy, il m’a dit que ce n’était pas un métier d’avenir, que c’était trop dangereux, « tu ne feras jamais une carrière », « tu ne gagneras jamais ta vie ». Du coup, j’ai oublié ce rêve, je l’ai enterré, et puis j’ai fait autre chose.

As-tu déjà réalisé un de tes rêves ? Si oui, lequel ?

Celui que j’ai réalisé vraiment, c’est le chant. C’est venu tard. Mais après avoir fait du théâtre pendant quelques années, finalement, je suis revenue au chant, il y a sept ans. Et j’adore, c’est ma passion. Je chante dans des chœurs. Je réalise vraiment mon rêve. Je m’amuse vraiment à chanter dans ces groupes de jazz, dans lesquels je chante aujourd’hui. C’est du pur plaisir, et cela, je l’ai senti dès le début. J’étais anxieuse au démarrage, je me demandais si j’allais réussir à retenir les paroles. Je me suis rendue compte que j’avais une oreille incroyable. Cela vient peut-être de mon arrière grand-mère, car elle était pianiste. Dans la famille, nous sommes quand même tous des artistes. Je retiens les notes très facilement, alors que je ne sais pas lire la musique. C’est le bonheur, quand on fait des concerts, ou quand on répète. Le rêve de photographe a été complètement enterré, mais quelque part, c’est amusant, parce que toi, sans que je te n’en ai jamais parlé, tu réalises un peu aujourd’hui, ce que moi j’aurais voulu faire. Je trouve ça super, c’est génial que tu aies eu le courage de faire, avec beaucoup de sérieux en plus.

Quel est ton rêve aujourd’hui ?

Aujourd’hui, mon rêve, c’est de m’installer en province. De venir m’installer en bord de mer. Je crois que j’ai vraiment besoin de grand air. Ces dernières années, je me suis rendue compte, que j’avais toujours vécu en région parisienne. Cela fait des années que je rêve de partir en province, ou au moins d’avoir une petite maison de campagne. Cela devient un vrai besoin, de partir au vert, au calme, dans la nature, que j’adore. Cela vient vraiment de mon enfance, où tous les étés, je partais dans le Limousin. J’ai découvert la campagne à ce moment-là, je vivais à l’époque dans le 93, à Clichy sous Bois. On ne peut pas dire que c’était vert. Et aujourd’hui, c’est mon rêve. Depuis qu’Elodie s’est décidée à venir ici en Bretagne, et que toi, tu l’envisages aussi, et bien du coup, je ne passe pas un jour sans penser à m’installer ici. Je n’ai pas envie d’attendre la retraite. Mon idée, c’est de venir m’installer rapidement là où je me sens bien, où je retrouve du calme, de la sérénité. J’aime vraiment la nature, je pense que je me sentirais bien ici.

Quelles sont les personnes qui te soutiennent dans la réalisation de ton rêve ?

Mes filles, toi et Elodie, c’est évident. Gilles, aussi, il est d’accord, je crois que ça lui plairait bien aussi. J’en parle un peu à mes amis, et ils m’encouragent tous. Françoise et JP, ils sont super contents, que je m’installe à côté de chez eux. Mes vrais soutiens en tout cas, c’est vous et Gilles. Il faut que Gilles soit d’accord pour me suivre, c’est important pour moi.

Quel serait ton rêve pour la société de demain ? pour les générations futures ?

J’ai toujours rêvé de paix. Je n’en ai pas parlé par rapport à mes rêves d’enfants. Mais depuis toute petite, je n’ai jamais supporté les peuples opprimés, les gens qui mourraient de faim. Tous les malheurs du monde, tout ce qu’on voit encore aujourd’hui, ce sont des choses que je ne supporte pas. Qui sont douloureuses pour moi. J’aimerais que les guerres s’arrêtent, qu’il y ait plus de paix, même si cela ressemble à une chimère. Que l’humanité retrouve enfin la paix, qu’il y ait à manger pour tout le monde. Et un toit pour tout le monde, suffisamment pour tout le monde. On arrête ce grand écart, entre les pauvres, et les très très riches. Moi ça me rend malade, quand je vois que des gens, qui ont énormément d’argent, soient capables de dépenser en une journée, ce qu’il faudrait à d’autres pour vivre pendant une ou deux années. Cela m’écœure. J’aimerais plus de justice, plus d’humanité. Qu’on arrête de privilégier certains, au détriment d’une multitude d’autres.

Aurais-tu quelque chose à ajouter ?

Je trouve que c’est une jolie idée, que tu as eu, d’interroger les gens sur leurs rêves. Je ne sais pas comment elle t’est venue d’ailleurs, cela m’intéresserait de savoir. C’est une très belle idée de faire partager les rêves des gens, ceux qui veulent bien participer, ceux qui acceptent de jouer le jeu. C’est positif, certains témoignages sont très émouvants. Cela me plait de faire partie de cette aventure.

Propos recueillis par Kristell L.

 

 

 

 

 

 

 

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