Le rêve de Rémi

Rémi, 34 ans, habite à Angers. Il est communicant. Il a choisi le mot « Curiosité » pour se définir.

Lorsque tu étais enfant, quel était ton rêve ?

Mon rêve, c’était de créer un parti politique, qui s’appelait le M.I.R, le Mouvement idéaliste révolutionnaire ! Le but, c’était déjà à l’époque de faire tomber toutes les cloisons, alors que j’étais très jeune… J’avais écrit un règlement, avec des lois. Tout le monde devait être à égalité. Il ne devait pas y avoir de riches ou de pauvres.

As-tu déjà réalisé un de tes rêves ?

J’en ai réalisé un, c’est écrire et être publié. Avoir un chat, aussi.

Quelle est la chose la plus folle que tu aies réalisée dans ta vie ?

J’en ai fait tellement, en fait. Il y a des endroits, où on m’a dit de rester, desquels je suis parti. Quelque soit le prix à payer. Il y a des fois où je ne me sentais pas à l’aise quelque part, alors je me suis barré. Ca a heurté ! On me disait que ce n’était pas bien, pas bien pour mes études, pas bien pour ma carrière, pas bien pour les conventions sociales. Je crois, quand même, que la chose la plus folle, c’est après la mort de ma mère, de me barrer avec un sac à dos, et de me dire : « Là, j’ai besoin de temps. Je pars à l’autre bout du monde et puis on verra… » Jusqu’ici, je n’ai pas fait beaucoup mieux, mais je peux toujours le faire ! Oui, ça, définitivement, c’était une belle folie, et ça m’a fait le plus grand bien ! C’est beau la folie…

As-tu déjà rencontré des coïncidences, des signes, des synchronicités qui t’ont permis de prendre un autre chemin, de changer de cap ?

Oui, il y a eu plein, des moments comme ça. Je repense à une décision soudaine. Avec le recul, je vois ça comme une fuite, mais c’était salutaire : c’était mon troisième jour de fac, après mon bac, je me suis dit que je n’étais pas du tout fait pour ces études-là. J’étais parti pour des études en histoire et en anglais. Ca n’avait aucune utilité, aucun sens, je ne me sentais pas à ma place et je crois que peu d’étudiants autour de moi voyaient l’intérêt de ce qu’on leur faisait ingurgiter. Je me suis barré… L’autre moment important, c’est après l’élection de François Hollande, quand j’étais journaliste, quand on m’a proposé de monter en grade, d’être quelque part encore plus journaliste que je l’étais déjà. Mais non : faire peur aux gens, c’est pas mon truc. C’était pourtant le métier pour lequel j’avais fait trois ans d’études, fait un crédit de 15 000 balles, que j’exerçais depuis 3 ans… J’avais la possibilité de faire ce métier pour un bail alors qu’autour de moi beaucoup de mes camarades de promo galéraient à trouver ne serait-ce qu’un C.D.D. Je venais de travailler trois ans dans ce métier, et j’avais la possibilité de faire ce métier pendant un long moment. J’ai juste dit « Allez-vous faire foutre ! ». Ça a fait grincer des dents, beaucoup m’ont vu comme un enfant gâté, un ingrat. Mais je n’ai aucun regret, surtout quand je vois l’état de l’information aujourd’hui.

Quel est ton rêve aujourd’hui ?

Mon rêve, c’est de créer une constellation de personnes, de personnes lumineuses, qui portent des projets, et de les relier entre eux. Qu’ils se connaissent, qu’ils échangent, qu’ils se nourrissent mutuellement. Créer un autre monde à partir d’un réseau qui ne tourne pas à l’entre-soi, que chacun puisse rejoindre. C’est un projet que j’essaye de mener via Com’Inn. Je vais être certainement confronté, très vite, à la logique de la rentabilité. On viendra me sonner les cloches pour me rappeler que Com’Inn, c’est d’abord une entreprise. Mais j’ai besoin d’assouvir cette vocation, besoin de fédérer les idéaux, tous ces gens qui font leur part. Les mettre en lumière et leur dire – c’est important – : « Vous ne brillez pas tout seul dans votre coin ».

Quelles sont les personnes qui te soutiennent dans la réalisation de ton rêve ?

Mes sœurs, Clara, toi, ma nièce… c’est déjà pas mal ! Que des femmes !

De quoi aurais-tu besoin pour aller au bout de ton rêve ?

J’ai tout ce qu’il me faut. Je ne demande rien de plus, je sais que j’ai toutes les compétences qu’il me faut pour parvenir à ce rêve là. Après, il me manque peut-être juste cette lumière que certaines personnes dégagent. Cette capacité à faire s’effondrer les murs. Il manque peut-être ça, ce côté désarmant. La capacité de désarmer les gens, qui sont campés derrière leurs peurs, leurs colères, leurs préjugés, leurs convictions, leurs certitudes. Arriver comme ça : «  Je suis moi, si nous parlions ? », et là, boum, tout s’effondre : tu arrives à créer cette passerelle avec des gens, avec qui cela semblait être perdu d’avance. Face aux gens auprès de qui cela semble perdu d’avance, je reste généralement dans mon préjugé aussi, et du coup je laisse tomber. Il me manquerait juste ça. Et une plus grande connexion spirituelle encore.

Quel serait ton rêve pour la société de demain ? Pour les générations futures ?

Je pense que je vais citer un mot : celui mis en exergue par le poème de Paul Eluard, Liberté. Juste : arrêtons d’avoir peur. J’aimerais arriver à faire comprendre aux gens que la liberté, c’est cool, que ce n’est pas flippant. Il faut juste la saisir en plein vol et en jouir sans crainte. Je ne vois pas ce que je pourrais souhaiter d’autre…

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

Je crois que ma plus grande force, je viens d’en prendre conscience, je crois que le don absolu que l’univers m’a confié, c’est l’humour. Je voudrais vraiment que les gens prennent la vie avec humour. C’est tellement drôle. A partir du moment, où tu commences à vivre heureux, tout devient drôle. La situation que l’on vit aujourd’hui, il y a deux manières de l’appréhender : soit c’est pathétique et dramatique, soit c’est juste à mourir de rire. Je me dis toujours que dans 30 ans, on sera mort de rire. J’espère… J’aimerais d’ailleurs créer un spectacle humoristique, là-dessus : dire aux gens, vous vous rendez compte, de ce qu’on a gobé, ce qu’on a accepté de faire pour un petit virus ? Voilà, c’est tout.

Propos recueillis par Kristell L.

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